L’Immeuble Yacoubian – Alaa El Aswany

J’ai effectué un exploit ! Ressortir du fond de ma bibliothèque (étagère en haut à droite section PAL) L’Immeuble Yacoubian que j’avais laissé végéter avec le bois de mes étagères pendant 5 ans est un effort exceptionnel ! Oui, oui je suis très fière de moi. Comme quoi les livres section PAL ne sont pas tous destinés à y rester pour le restant de leurs jours.

Bon, revenons à nos moutons. Véritable phénomène apparemment, L’Immeuble Yacoubian s’est vendu à plus de cent mille exemplaires (au jour d’aujourd’hui je ne sais pas, je me fie à la quatrième de couverture d’Actes Sud, j’ai la flemme d’aller voir sur Wikipédia) et a eu un succès retentissant. En vaut-il la peine pour autant ? Oui et non.

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec les succès littéraires, les prix littéraires également, à part Les Bienveillantes qui est un de mes livres préférés. Cela vient-il d’un instinct animal culturel, d’une part de snobisme ou bien d’un goût personnel ? J’en sais rien. Je verrais ça avec mon psy. En tout cas, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce livre. Non, ça serait de la mauvaise foi. Dire qu’il m’a transcendée, aussi d’ailleurs.

L’Immeuble Yacoubian raconte l’histoire, qui se situe en Égypte, de plusieurs personnages dont le point commun est plus au moins l’immeuble en question ou la rue Salim Pacha (rue où l’immeuble est situé, logique): Taha, fils de concierge, intelligent et studieux; la jeune et belle Boussaïna, Hatem journaliste et homosexuel, le vieil aristocrate coureur de jupon Zaki Dessouki, et pleins d’autres encore. Dès que j’ai lu le résumé, le livre m’a fait penser à L’élégance du hérisson. Si le livre me fait penser au livre que je déteste le plus au monde, on est mal parti. Finalement, grâce à la critique très élogieuse de Zarline, je me suis jetée à l’eau et la lecture m’a fait ravaler mes préjugés au fond de la gorge. Croyant avoir affaire à un livre gentillet parlant de vies croisées à la Gavalda, j’ai été très surprise (et plutôt agréablement) de lire un roman racontant une Égypte corrompue jusqu’à la moelle, où ses habitants vivent soient extrêmement pauvres, soit extrêmement riches. Bref une inégalité des classes qui engendrent parfois de violentes luttes.

D’ailleurs, un passage m’a bien fait rire, un rire jaune, en pensant aux évènements récents qu’a connu ce pays : Le peuple égyptien est le plus facile à gouverner de tous les peuples de la terre. Dès que tu prends le pouvoir, ils se soumettent à toi, ils plient devant toi, et tu peux faire d’eux ce qui te passe par la tête (…) Le bon Dieu les a crées comme ça. p116  Je dirais : à force de prendre les gens pour des cons…

J’avoue que ce n’est qu’à la fin du roman que j’ai enfin pris de l’intérêt et de l’attachement pour certains personnages, notamment Zaki et Boussaïna, Hatem… J’ai aimé détester  la cupidité, l’arrivisme et la malhonnêteté des autres, notamment les contradictions et la folie des islamistes extrémistes. Mais les débuts ont été durs, j’ai mis du temps à m’adapter, à rentrer dans l’histoire et dans la vie des personnages. Cependant, le grand point positif de ce roman c’est que j’ai appris quelque chose sur l’Histoire de l’Égypte, pas l’époque des pharaons bien sûr, mais des années 50 aux années 90 et je n’ai pas pu m’empêcher de faire un petit parallèle avec certains pays orientaux qui après avoir été occidentalisé ont été repris par les islamistes appliquant avec force leurs lois « divines ».

Ce n’est donc pas un coup de cœur, juste un livre de vacances, mieux qu’un livre de gare ou de plage cela va sans dire, qui m’a fait passer le temps, un temps agréable sans tellement plus.

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A propos Charmant-petit-monstre

Jeune passionnée de littérature et d'écriture qui aime partager sa passion avec ses semblables.
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8 commentaires pour L’Immeuble Yacoubian – Alaa El Aswany

  1. Hélène dit :

    Un livre fort que j’avais beaucoup apprécié, je vais le relire cet été pour lui consacrer un billet..

  2. zarline dit :

    C’est drôle, j’avais cité exactement le même passage. Impossible de ne pas le relever aux vues des derniers événements. Comme tu le sais, j’ai beaucoup aimé mais j’ai déjà oublié beaucoup de détails. Je suis quand même curieuse de lire un autre livre de l’auteur… Heureuse quand même que tu aies laissé une chance à ce livre. Je pense qu’il mérite vraiment d’être lu, surtout avec ce qui se passe en ce moment en Egypte. Et merci pour le lien.

  3. Nymphette dit :

    Je suis comme toi restée un peu sur ma faim à la lecture de c roman, il manquait un je-ne-sais-quoi de profondeur sur la peinture des personnages pour adhérer vraiment.

    C’est dommage car l’histoire regorgeait de bonnes idées!

  4. Tout à fait ! D’ailleurs c’est assez dur de mettre le doigt dessus, mais je suis d’accord il manque quelque chose dans ce roman.

  5. Ping : Bilan 2011 : Joyeuse Année ! | Il était une fois…des livres.

  6. Fersenette dit :

    Tu modères admirablement mon envie 🙂 … je vais tout de même le lire !

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